Maison de campagne

Immobilier 2014 : le marché de la résidence secondaire s’effondre (entre autres)

En cette rentrée de septembre, les vacances sont malheureusement terminées pour bon nombre d’entre nous qui ont peut être encore la chance de pouvoir exhiber un beau bronzage comme seul vestige de leur farniente estival.

Nous nous sommes tous interrogés un jour sur la possibilité de posséder son petit coin de paradis à la campagne, à la montagne ou à la mer plutôt que de le louer. Et si concrétiser ce rêve était devenu accessible, si c’était le bon moment pour réaliser une bonne affaire en achetant une résidence secondaire à la mer, une maison de campagne ou un chalet à la montagne ?

En effet, les prix de l’immobilier ont baissé partout en France en 2014 et le marché immobilier des résidences secondaires à particulièrement souffert.

Résidence secondaire, un plaisir qui n’a pas de prix

A l’inverse d’une résidence principale que l’on achète en guise d’investissement pour l’avenir et pour consolider le présent, une résidence secondaire est une pure envie égoïste que l’on acquiert pour se faire plaisir, quand tout va bien dans sa vie et que le porte feuille ne crie pas famine.

Une maison de campagne, c’est avant tout un lieu hors du temps dans lequel on peut se retirer pour un week end prolongé en famille ou entre amis, pour des vacances en été ou un séjour de détente en hiver, pour profiter de la vie et y passer du bon temps.

Dans le contexte économique actuel, posséder une résidence secondaire est plus que jamais un luxe dont les propriétaires ne profitent en moyenne que 43 nuits par an.

Le rêve d’une vie pour certains, un héritage pour d’autres, une maison de campagne revêt toujours une importante dimension affective qui occulte son véritable coût d’entretien.

Ce coût d’entretien annuel est estimé en moyenne à 5% de la valeur du bien. En effet, même si la véritable rentabilité d’une maison de campagne se trouve dans le plaisir qu’on en retire, il ne faut pas en oublier pour autant :

  • les frais de transport pour s’y rendre
  • la taxe foncière
  • la taxe d’habitation
  • les assurances
  • les frais de chauffage, eau et électricité
  • l’entretien courant et les travaux
  • la taxation sur la plus value en cas de revente
dépenses maison de campagne

Les dépenses liées à une résidence secondaire

Le prix des maisons de campagne s’effondre

Malgré cela, si votre envie d’acquérir ce fameux coin de paradis reste intacte et si votre situation financière le permet, il peut être intéressant de consulter actuellement le marché immobilier de la résidence secondaire qui connait un ralentissement encore plus marqué que celui de la résidence principale.

Dans la Creuse par exemple, les prix ont chuté de plus de 50% depuis 2008. Voici par exemple à quel prix on peut y trouver une petite maison de campagne à rénover :

maison de campagne pas chère creuse

Annonce Leboncoin d’une maison de campagne à restaurer dans la Creuse

Pour un budget plus important, on pourra également y trouver une belle propriété dans un superbe environnement,  habitable immédiatement avec 4 pièces de plain-pied, cuisine et salle d’eau, chauffage central au fuel récent, grange, grenier et cave, le tout sur plus de 2 hectares de terrain sans aucun vis à vis.

résidence secondaire pas chère

Annonce Leboncoin d’une maison de campagne dans la Creuse, habitable, sur 2.2 ha de terrain

Le même constat est fait dans le Morvan jusqu’ici très prisé, le Périgord ou le Gers. La Normandie et le Perche enregistrent des baisses de prix de -20 à -25% et le Lubéron autour de 10%.

Même le front de mer a commencé à lâcher du leste devant l’ampleur de l’offre et la raréfaction de la demande.

maison de campagne à la mer pas chère

Evolution des prix des résidences secondaires du front de mer depuis un an

Je reviens moi même de vacances en Aquitaine où j’ai pu constater de mes propres yeux l’abondance de panneaux « A VENDRE » … Force est de constater que la concurrence est rude et l’offre pléthorique. J’en veux pour preuve cette maison de campagne à 8km de l’océan, sans travaux ni rafraîchissement à prévoir, au cœur d’un parc de plus de 3 000 m², constructibles et piscinables :

maison secondaire océan pas chère

Annonce Leboncoin d’une résidence secondaire sur la côte Atlantique

Les résidences principales ne sont pas épargnées par la baisse des prix

Selon l’Insee, depuis fin 2013 les prix de l’immobilier sont en baisse partout en France. Actuellement, le réseau Orpi observe sur le terrain une différence de prix entre la mise en vente et la signature chez le notaire de -3,7 % pour un appartement et de -4,5 % pour une maison.

Baisse des prix de l'immobilier en 2014

Evolution des prix de l’immobilier (Source : Insee)

Dans une récente interview accordée au journal L’express, l’économiste Jean-Luc Buchalet explique que le dégonflement de la bulle immobilière est en cours et qu’une baisse des prix de l’ordre de -10% est à prévoir à Paris en 2015 et de l’ordre de -30% dans le reste de la France dans les 5 ans à venir.

L’économiste rappelle que le marché immobilier, à l’instar de n’importe quel autre marché, évolue selon des cycles haussiers et baissiers et qu’entre 1990 et 1997, les prix de l’immobilier ont chuté de -40 à -50% partout en France avant de remonter jusqu’au niveau actuel.

Les arguments mis en avant en faveur d’un éclatement de la bulle immobilière sont les suivants :

  • l’absence de corrélation entre l’augmentation des prix de l’immobilier et celui des revenus depuis 1997 (les prix de l’immobilier ont progressé deux fois plus vite que les revenus sur cette période)
  • l’épuisement des techniques de solvabilisation artificielle des ménages (augmentation de la durée des crédits, baisse des taux immobiliers, aides de l’Etat)
  • la consolidation de la crise économique
  • l’attentisme des acheteurs potentiels
  • l’explosion du papy boom qui entraîne davantage d’offres que de demandes (50 000 vendeurs de plus que d’acheteurs par an depuis 2005 pour 80000 acheteurs par an de plus que de vendeurs avant 2005)
papy boom immobilier

Evolution de l’achat-vente immobilier en fonction de l’âge

Selon l’économiste, si son hypothèse de baisse des prix se confirme, il faudra 34 ans à un primo accédant pour rentabiliser son achat immobilier en comparaison de l’épargne qu’il pourrait constituer en restant locataire… Pour creuser davantage le sujet de l’éclatement de la bulle immobilière en France, vous pouvez lire ici un article intéressant et très documenté.

2 Commentaires
  1. SebastienF dit :

    C’est une signe annonciateur ou signe qui confirme que notre economie est mal au point. les résidences secondaires sont en fait des accessoires suivant un niveau de vie satisfaisant, ou aussi les tendances du moment sont en train d’évoluer.

    Répondre

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