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Présidentielles 2012 : Le programme économique de François Hollande est-il sérieux, celui de Nicolas Sarkozy encore supportable ?

Selon l’article 4 de la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. »

La dette publique en France représente 1 756 milliards d’euros soit 28 548€ par habitant.

Le 6 mai prochain, les élections présidentielles 2012 nous donneront le choix d’élir soit le candidat socialiste François Hollande, soit l’actuel président de la république Nicolas Sarkozy. Entre maintien d’une politique budgétaire critiquée et volonté de changement optimiste, les jeux ne sont pas encore faits.

L’issue du comparatif Hollande/Sarkozy ne semble pas apparaître comme une large évidence d’après les derniers sondages et le résultat des présidentielles 2012 reste incertain.

D’un point de vue purement économique, le programme de François Hollande est déjà largement critiqué. Pourtant, le plan d’austérité de Nicolas Sarkozy est loin de remporter l’ensemble des suffrages. Les électeurs auront ils comme seul option de ne pas choisir le pire des deux ?

Le programme économique de François Hollande cloué au pilori

En mars, le magazine britannique « The Economist » avait déjà critiqué la France et l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle en les accusant de ne pas regarder en face les problèmes du pays.

Dans son dernier éditorial, l’hebdomadaire britannique remet le couvert et juge François Hollande comme « un homme plutôt dangereux ».

Le journal affirme que l’élection du candidat François Hollande représenterait « un danger aussi bien pour la France que pour l’Europe ». Selon The Economist, la France est un pays important, en équilibre entre approche prudente au nord de l’Europe et dépensière au sud et sa future position économique est capitale. En effet, « la survie de l’Euro pourrait dépendre de la politique menée par le possible futur président».

Le journal ajoute que « la France a un besoin criant de réforme. La dette publique est élevée et en hausse, l’Etat n’a pas connu d’excédent budgétaire depuis plus de 35 ans, les banques sont sous-capitalisées, le chômage est persistant et corrosif et, à 56% du PIB, l’Etat français est le plus gros de tous les pays européens ». Hors François Hollande ne propose pas un ajustement budgétaire dans la continuité des réformes déjà engagées mais de ne pas réformer du tout.

Dans le même temps, la chancelière d’Allemagne Angela Merkel affiche clairement son hostilité au candidat socialiste en déclarant : « une rupture entre la France et l’Allemagne arriverait à un moment dangereux ».

Pourtant The Economist soutient François Hollande, dans son opposition à la rigueur budgétaire dirigée par l’Allemagne et qui « étrangle les chances de rétablissement de la zone euro ».

Selon le magazine Der Spiegel, Angela Merkel et ses homologues conservateurs italien (Mario Monti), espagnol (Mariano Rajoy) et britannique (David Cameron) se seraient même entendus pour refuser de recevoir François Hollande.

D’après l’hebdomadaire, les dirigeants conservateurs sont « scandalisés » par la volonté du candidat socialiste de renégocier le pacte fiscal, une pièce centrale du sauvetage de la zone euro.

Paul Krugman, prix nobel d’Economie a récemment fait une déclaration pour le moins surprenante dans le New York Time, intitulée « A note on the French Election ». Selon lui, « Sarkozy a l’air d’avoir une vision précise de la politique économique à mener, contrairement à Hollande. Et c’est là une raison pour soutenir François Hollande 

En effet, Krugman considère que les politiques budgétaires menées actuellement en Europe et principalement fondées sur l’austérité, vont entraîner la perte de la zone Euro. Si François Hollande était élu Président de la République, il donnerait un espoir de changement de politique économique en Europe et ferait bouger les choses.

Même si le Fond Monétaire International (FMI) anticipe une « croissance molle » de la France (1% en 2013), le candidat socialiste tout comme Nicolas Sarkozy fondent leur politique économique sur une croissance sur estimée de 1,7% l’année prochaine.

Par ailleurs François Hollande est encore plus optimiste que Nicolas Sarkozy puisqu’il envisage une croissance de 2.5% en 2015, 2016 et 2017 contre 2% pour son adversaire. Mécaniquement, cette croissance est utile pour l’économie mais auront ils les moyens d’y parvenir ?

La Cour des Comptes a d’ailleurs récemment encouragé la politique de rigueur menée par l’actuel Gouvernement en lui recommandant de continuer en ce sens. Or la Cour des Comptes est actuellement dirigée par un Socialiste, Raoul Briet.

Du côté des électeurs, 53% des français jugent que le programme économique de François Hollande n’est pas crédible, selon un récent sondage CSA réalisé pour l’émission Capital de M6. Pourtant, la plupart des sondages (CSA, BVA, IFOP, IPSOS…) donnent François Hollande vainqueur des présidentielles 2012 au deuxième tour.

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Sondage CSA sur la crédibilité du programme économique de François Hollande

Ce paradoxe explique sans doute une volonté de changement de la politique menée jusqu’à présent par Nicolas Sarkozy. Les français ont envie de croire à un retour plus marqué des valeurs sociales face à un capitalisme et un libéralisme qui s’impose de plus en plus comme seul maître à bord. Mais à l’heure d’une mondialisation que les Gouvernements successifs ont voulu et subissent désormais inexorablement, avons nous encore les moyens de croire à cette utopie ?

Comparatif des politiques budgétaires Hollande/Sarkozy

Le Figaro a récemment publié un outil infographique permettant de comparer les politiques budgétaires des deux candidats à la présidentielle, en se basant sur plusieurs scénari d’inflation et de croissance indépendantes.

En se basant sur une inflation à +2.1% en 2017, prévision la plus probable avancée par le FMI, il est possible de calculer l’impact sur les finances publiques de la France, selon si l’on se base sur une prévision de croissance de sortie de crise difficile (+1.3%), sur celle de Nicolas Sarkozy (+2%) ou celle de François Hollande (+2.5%).

Croissance de sortie de crise difficile (+1.3%) et inflation FMI (2.1%)

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Impact sur les finances publiques des politiques Hollande/Sarkozy en cas de croissance difficile (Source : Le figaro)

 

Croissance Nicolas Sarkozy (+2%) et inflation FMI (2.1%)

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Impact sur les finances publiques des politiques Hollande/Sarkozy en cas du taux de croissance prévu par Nicolas Sarkozy (Source Le Figaro)

 

Croissance François Hollande (+2.5%) et inflation FMI (2.1%)

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Impact sur les finances publiques des politiques Hollande/Sarkozy en cas du taux de croissance prévu par François Hollande (Source Le Figaro)

 

Ce qui est certain c’est que les agences de notation scrutent l’issue des présidentielles 2012 en France avec intérêt et qu’une dégradation des finances publiques engendrera inévitablement une dégradation de la note de la France et une hausse des taux des crédits d’emprunt, tant pour l’Etat que pour les particuliers.