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BCE : le taux de refinancement est abaissé à 1.25%

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La BCE baisse ses taux directeurs et laisse le champ libre à l'inflation !

Mario Draghi, le nouveau Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a pris tous les marchés financiers par surprise en baissant son principal taux directeur à 1.25%.
Initialement fixé à 1.50%, le taux de refinancement de la BCE passe donc à 1,25% dans l’objectif de renforcer l’économie jugée fragile de la zone Euro.

Un genou à terre, la BCE baisse ses taux

Avec son taux de refinancement, la BCE a également baissé ses deux autres taux directeurs, à savoir le taux de facilité de dépôt qui est ramené à 0,5% (contre 0.75%) et le taux de prêt marginal qui revient à 2% (contre 2.25%).

Après plusieurs baisses successives, le taux de refinancement était resté à 1 %, son plus bas niveau historique, pendant près de deux ans avant qu’il ne soit relevé en avril à 1,25 %, puis en juillet à 1,5 % sous la volonté de Jean Claude Tichet.

Suite à cette annonce, la Bourse de Paris avance de 2%, celle de Francfort de 2,5%. L’euro en revanche cède 0,3% à 1,37 dollar. BNP Paribas gagnait 10,91 % à 32,91 euros, Société Générale 7,22 % à 18,88 euros et Crédit Agricole 7,18 % à 5,35 euros.

En outre, il n’est pas exclu qu’une baisse supplémentaire intervienne à l’occasion de la prochaine réunion de la BCE, le 8 décembre 2011.

L’inflation en ligne de mire

L’aggravation de la crise financière et le durcissement de la dette publique l’ont donc emporté face à une inflation qui reste pourtant élevée. En effet, selon une estimation publiée par Eurostat, l’Office Statistique de l’Union Européenne, le taux d’inflation annuel de la zone euro s’établirait à 3,0% en octobre 2011. Or, le principal objectif de la BCE est de maintenir l’inflation annuelle autour de 2 %, c’est à dire maintenir le pouvoir d’achat de l’euro et donc la stabilité des prix dans la zone euro. Et la BCE n’ignore pas qu’une baisse du taux directeur contribue à favoriser l’inflation. C’est d’ailleurs pour cette raison que Jean Claude Trichet  jugeait une baisse des taux dangereuse dans la situation économique actuelle.

Pourtant, dans le même temps, le taux directeur est le principal instrument financier dont dispose la BCE pour influer sur l’attribution de crédits, alimenter les banques en liquidité et contrôler l’évolution des prix en Europe. Les banques qui désirent se refinancer à court terme peuvent le faire en s’acquittant d’un intérêt sur la somme qu’elles empruntent auprès des banques centrales de leurs pays respectifs. Cet intérêt est calculé en fonction du taux en cours à la BCE.

Cet assouplissement monétaire est donc une bouffée d’oxygène salutaire pour les marchés financiers inquiets de la crise Grecque mais risque d’accélérer l’inflation. Par ailleurs, cette décision de la BCE compromet également son indépendance et incite les gouvernements au laxisme budgétaire, dans un contexte de dette publique sévère.

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